Fichier créé en 1996.
Vu sur le Web,
À l'idée reçue passe partout: «Qui peut le plus peut le moins!»
cette réponse cinglante:
Pas d'accord: je connaîs des gens très très c*ns et qui ne peuvent pas l'être moins ...
À la page,
Air connu: «C'est dépassé, ça date de X années. Prend plutôt ça, c'est moderne.»
Mon avis: Le temps ne fait rien à l'affaire ... (chanson de Georges Brassens.)
Variante sur le même thème: à l'ancienne,
Air connu: «Méfie-toi de ça: ça vient de sortir, c'est encore brut de fonderie. Il faut tabler sur des valeurs sûres.»
Mon avis: même réponse qu'à l'idée reçue précédente ...
Variante sur le même thème: à l'ancienne,
Air connu: «Méfie-toi de ça: ça vient de sortir, c'est encore brut de fonderie. Il faut tabler sur des valeurs sûres.»
Mon avis: même réponse qu'à l'idée reçue précédente ...
Informatique ou l'effet frigidaire,
Idée reçue: «L'informatique c'est simple, il n'y a pas besoin d'apprendre.»
Réponse du chercheur: «Hélas non, l'informatique c'est compliqué et il faut malheureusement comprendre comment ça marche. La raison fondamentale vient de la nature même de l'ordinateur: l'ordinateur n'est pas un objet technique comme les autres, c'est une machine logique, on pourrait même dire qu'un ordinateur est La logique au travail, ou La logique incarnée (si tant est qu'un ordinateur ait une chair!). Cette confrontation directe avec la logique mathématique est une expérience radicalement différente de l'utilisation de tout autre objet technique et elle est spécifique à ces machines.»
Réponse des idées reçues: «C'était vrai dans le passé, mais maintenant les ordinateurs sont très simples, il suffit de cliquer. C'est aussi simple qu'un frigidaire! Il n'est pas nécessaire de faire de longues études pour employer un frigidaire! D'ailleurs, avez-vous déjà lu le mode d'emploi de votre frigidaire ?»
Réponse du chercheur: «C'est techniquement faux: premièrement, les ordinateurs n'ont jamais été si compliqués qu'actuellement, à tous les points de vue, aussi bien au niveau logiciel que matériel; deuxièmement, et c'est un résultat de recherche que je vous livre ici, un ordinateur n'est pas un frigidaire, il n'y a donc aucune raison que leur usage comporte quelques similitudes que ce soit. Réciproquement, un frigidaire n'est pas une machine logique: ces machines n'ont aucun rapport, et il est inutile d'espérer conserver une bouteille de lait en la mettant à l'intérieur d'un ordinateur, comme il est impossible d'écrire une lettre en tapant sur un frigidaire. En outre en ce qui concerne les modes d'emploi de frigidaires, certaines personnes qui n'ont pas des notions de physique très développées doivent lire le mode d'emploi par exemple pour comprendre pourquoi leur frigidaire ne peut pas refroidir leur cuisine quand il fait chaud pendant l'été, ou pourquoi il faut impérativement laisser l'air circuler autour de leur frigidaire pour qu'il fonctionne correctement.»
Réponse des idées reçues: «Et pourtant, c'est simple un frigidaire!»
Chercheur: «Oui.»
Conclusion des idées reçues: «Ben, alors!»
Conclusion du chercheur: «Ben alors rien, car encore une fois ce n'est pas parce qu'un frigidaire est simple que cela prouve la simplicité de quoi que ce soit d'autre! La seule chose qui apparaît clairement dans ce raisonnement erroné, c'est bien que la logique élémentaire n'est pas aussi évidemment partagée par tous qu'on pourrait le croire ou l'espérer. Il est ainsi clair que l'homme n'est pas une machine logique!»
Variante de l'effet frigidaire,
Idée reçue: «L'informatique c'est simple, tout le monde peut se servir d'un ordinateur sans rien connaître à l'informatique. C'est comme pour conduire une voiture: je conduis parfaitement ma voiture sans avoir aucune connaissance de mécanique ni de thermodynamique, ni même de physique en général.»
Réponse du chercheur: «Tout d'abord: «Comparaison n'est pas raison». Pour plaisanter, on peut cependant dire qu'effectivement c'est la même chose pour l'ordinateur «il n'y a besoin d'«aucune connaissance de mécanique ni de thermodynamique, ni même de physique en général» pour se servir d'un ordinateur !
Plus sérieusement, votre comparaison possède une qualité puisqu'elle met sur le même plan le maniement de deux objets techniques complexes (quoique l'ordinateur soit des milliers de fois plus complexe que la voiture) dont il n'existe pas d'équivalent dans l'appréhension immédiate du monde qui nous entoure. C'est pourquoi, il est indispensable d'apprendre à conduire: maniement des pédales, du volant, apprentissage de l'évaluation des distances et vitesses relatives des véhicules, anticipation des trajectoires et des comportements des autres usagers. Au cours de cet enseignement, il serait heureux qu'on vous inculque simplement quelques faits physiques de base et qu'on vous enseigne par exemple qu'un véhicule ne peut s'arrêter instantanément lorsqu'il est lancé à grande vitesse pour que vous ayiez un comportement prudent sur la route.
Pour la même raison, il est indispensable aussi d'apprendre à se servir d'un ordinateur, ne serait-ce que pour comprendre que cette machine n'est pas toute puissante ni diabolique, mais qu'elle a un comportement parfaitement déterministe (au contraire de pratiquement tous les humains et des autres machines). Pour continuer la comparaison mécanique, il est effectivement inutile de connaître la thermodynamique pour conduire une voiture, comme il est inutile de connaître les machines de Turing et le lambda-calcul pour utiliser un ordinateur. Il n'empêche qu'il faille comprendre les principes simples qui permettent d'interagir correctement et confortablement avec son ordinateur: il faut qu'on vous enseigne à s'en servir.»
Schémas,
Air connu: «Un petit dessin vaut mieux qu'un long discours.»
Mon avis: réciproquement: un petit discours vaut mieux qu'un gros dessin incompréhensible.
Exemple:
Les images qu'on trouve sur le Web ont souvent un intérêt et une spécificité graphique nulle : par exemple l'image se réduit à un texte écrit, seul moyen que l'illustrateur a pu trouvé pour exprimer l'idée dont l'image est censée faciliter la compréhension (typiquement: le concept d'index est rendu par une image ... constituée du seul mot Index).
Exercice d'application:
Exprimer par un petit dessin l'idée exprimée par la phrase précédente. Comparer avec le texte ci-dessus.
Exercice d'application bis:
Si l'exercice précédent vous a semblé facile, exprimez l'idée suivante par un dessin: «La cohomologie galoisienne des modules de type fini n'est plus un sujet de recherche mathématique brûlant».
Schémas utiles,
Mon avis: les seules illustrations admissibles sont celles qui apportent quelque chose au discours, les autres ne font que distraire et égarer la communication. L'apport principal d'une illustration est évidemment l'aide à la compréhension du message qu'elle peut apporter.
Bien entendu, la contemplation et la délectation, lorsque l'illustration comporte un aspect artistique indéniable, est aussi un apport incomparable (voir par exemple les enluminures des textes du moyen-age de la bibliothèque nationale).
Mon slogan: «Toute image qui n'est pas une oeuvre d'art et qui n'apporte rien au discours est un parasite.»
Images,
Air connu: «Il faut mettre des images dans les pages Web, c'est bien plus parlant. Le texte écrit c'est ringard, c'est un moyen de communiquer des siècles passés. Heureusement, de nos jours, on a inventé l'image pour faire passer les messages complexes qui sans elle seraient souvent un peu austères, voire incompréhensibles.»
Mon avis: au contraire:
À la page,
Air connu: «C'est dépassé, ça date de X années. Prend plutôt ça, c'est moderne.»
Mon avis: Le temps ne fait rien à l'affaire ... (chanson de Georges Brassens.)
Variante sur le même thème: à l'ancienne,
Air connu: «Méfie-toi de ça: ça vient de sortir, c'est encore brut de fonderie. Il faut tabler sur des valeurs sûres.»
Mon avis: même réponse qu'à l'idée reçue précédente ...


Dernière modification: Friday, November 4, 2005
Copyright © 1994-2009, INRIA. Tous droits réservés.

Contacter l'auteur Pierre.Weis@inria.fr