Fichier créé le 25 Mai 1997.

Anglicismes

Ces mots ne sont pas qu'anglais, ni forcément anglais d'origine:

Flirter,
Prononciation à l'anglaise du français fleuretter, qu'on trouve encore dans l'expression poétique conter fleurette.
Blue jeans, toile Denim,
À l'origine les ``Blue Jeans'' étaient fabriqués avec de la toile européenne. Plus exactement de la toile ``de Nîmes'', teintée au ``bleu de Gênes''. Encore une fois la prononciation anglaise nous revient...
Random,
Vieux mot français exprimant le hasard. On trouve sa racine dans le mot randonnée (à l'origine promenade un peu au hasard).
Computer,
Du latin computus «compte». Littéralement «computer» signifie calculer. Plus exactement, calculer la date des fêtes mobiles. Ainsi le «comput ecclésiastique» dresse le calendrier de la date de Pâques.
Digital,
Signifie «en forme de doigt». Par exemple la digitale est une plante dont les fleurs rappellent la forme d'un doigtier. De même une feuille «digitée» est en forme de doigt.
Budget,
vient du mot 'bougette' (petite bourse placée au niveau de la ceinture); le mot a traversé la Manche avec Guillaume et est revenu sous la forme que nous connaissons (parce qu'un 'ou', en Anglais s'écrit le plus souvent 'u'...).
Rapporté par Emmanuel BENOIT <ebenoit@neptune.fr>
Mail,
Vient du mot français «malle», qui signifie malle. À l'origine du courrier était la «malle-poste». Nous avons adopté le raccourci «poste», les anglophones le raccourci «malle».
Ce mot comportait sans doute un «l mouillé» (pratiquement disparu en français moderne) et sa prononciation se rapprochait donc de celle du mot français moderne «maille» et plus encore de celle de l'anglais «mail».
Maintenant que le courrier électronique existe, nous pourrions avantageusement reprendre le mot malle, et parler de la «malle électronique», ou plus simplement de «malle» (plutôt que l'horrifique mél). Ce mot a également l'avantage de rimer (et d'avoir la même longueur) que le mot «toile», ce qui permet aussi de donner son adresse sur la toile. D'ailleurs ma signature électronique complète comporte
malle: Pierre.Weis@inria.fr
toile: http://pauillac.inria.fr/~weis/
Une réaction d'un cousin d'Amérique:
> Au Québec, nous sommes allés de ce joli néologisme: «courriel».
> N'est-ce pas aussi joli que malle?
> Ainsi: courriel: nicolasb@mediom.qc.ca
Oui courriel est un joli mot, en tout cas bien plus intelligent que le bête mél proposé par la faculté en France! Mais ici nous sommes plus réservés sur les néologismes: quand il existe un vieux mot français nous avons tendance à le reprendre en lui ajoutant un sens un peu détourné plutôt que d'inventer un nouveau mot. C'est ce que je propose pour malle. En outre, il me semble qu'un «courriel» serait plutôt le message que l'addresse: «j'ai reçu un courriel de Nicolas et je lui ai passé un coup de fil»
> Quant à toile, pourquoi ne pas préférer simplement... site!
«Site» est un mot assez neutre me semble-t-il: ça ne veut rien dire d'autre qu'``endroit'' ou ``lieu''. Cela correspondrait à adopter pour le téléphone un mot neutre et passe-partout qui puisse désigner une adresse; par exemple «numéro:»: à l'époque où le téléphone s'est développé cela aurait pu passer pour l'abbréviation de «numéro de téléphone», puisqu'aucune ambiguité n'était à craindre.
En revanche «toile» a une connotation proche de la chose à décrire: une toile est aussi un écran de cinéma (à l'origine les écrans étaient simplement fait d'une toile blanche tendue). Par extension c'est devenu une séance de cinéma. Cet usage est resté dans l'argot parisien dans l'expression ``On se paye une toile ?'' pour dire ``Nous allons voir un film ?''. La toile est bien ce grand écran, et une séance de butinage une sorte de séance d'un cinéma d'un genre nouveau ...
En outre «site» désigne assez explicitement une place ou une adresse, plutôt qu'un mode de communication. Or l'usage pour donner l'adresse téléphonique ou le numéro de fax est de précéder l'adresse du nom du support technique correspondant: «tel: numéro» et «fax: numéro». Cela correspond à un patron du genre: «type de réseau: adresse sur ce réseau». C'est d'ailleurs bien sur ce modèle que «mél: numéro» a été introduit, «mél» étant je suppose la laide abbréviation de «messagerie électronique» (à moins que ce ne soit la sotte francisation de mail).
Il me semble logique de coller à ce modèle pour désigner de nouvelles adresses concernant de nouveaux modes de communication; or «site:» ne rentre pas dans le moule, et «courriel:» non plus, si l'on admet qu'un courriel désigne plutôt un message qu'un mode de communication. Donc, puisqu'on ne dit pas «coup de fil: numéro» mais «téléphone: numéro», on ne doit logiquement pas dire «courriel: numéro», il faut dire «messagerie électronique: numéro».
D'où «toile: adresse» et «malle: adresse».
Cédérom
est certainement aussi bête que 'mèl': une traduction euphonique approximative de la prononciation anglaise d'un mot. Ici, on atteint au sublime puisqu'il ne s'agit même pas d'un mot mais d'un sigle anglais (Compact Disk Read Only Memory) qui n'est d'ailleurs pas prononcé ainsi! On n'est pas loin de proposer d'écrire 'cenecefe' à la place de SNCF!
Une traduction plus acceptable pourrait être DCLS (Disque Compact en Lecture Seule), qui, au moins, signifie quelque chose...
Traduction proposée par Emmanuel BENOIT <ebenoit@neptune.fr>


Dernière modification: Monday, September 3, 2001
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